Projet pédagogique

 BIEN ÈTRE A CHEVAL copyrightCFrançoisDaubé2018

Programme 2018   

Sommaire:

CLASSE FONDAMENTALE (Être à cheval)

CLASSE GYMNASTIQUE (Tenir à cheval)

CLASSE TECHNIQUE  (Aller à  cheval)

COACHING PREPARATOIRE (Bio-mécanique du cheval)

COACHING DRESSAGE (Les mouvements équestres)

COACHING SAUT (Programme Hunter)

 

CLASSE FONDAMENTALE

« Être à cheval »

Cours débutant, pour les premières leçons d’équitation.

I - Les 3 états fondamentaux:

1 - Ecoute de soi.

Prendre conscience de son propre corps.

Tous les exercices de méditation permettant la concentration rapide et enchaînée des

  multiples parties du corps jusqu’à la respiration.

Adopter la position alpha ( Etat de méditation à l’arrêt et au pas).

Position Alpha:

1 - Marcher rênes longues sans étrier.

2 - Juste assis et ne rien faire (avancer au stick si nécessaire).

3 - Rappeler et revivre un souvenir insolite de sa vie.

4 - Sourire, fredonner…

5 - Se concentrer sur son assiette, au milieu et en avant.

6 - Se concentrer sur son dos, stable et fort comme un tronc d’arbre.

7 - Se concentrer sur ses jambes et les positionner (sentir les poils) derrière la sangle.

8 - Se concentrer et placer les mains au bout des bras, au dessus du garrot.

9 - Se concentrer sur son sternum, envoyer un rayon dans la direction où l’on mène son cheval.

10 - Se concentrer sur ses épaules, hautes ou basses.

11 - Se concentrer sur son regard, dirigé dans la direction où l’on mène son cheval.

12 - Se concentrer sur sa respiration, sentir l’air monter et descendre sur la lèvre supérieure, juste sous les narines et sans forcer.

13 - Se concentrer sur le mouvement libre du bassin mobilisé par le cheval.

14 - Répéter au moins 3 fois cette introspection.

15 - Application: tous les exercices, à tous les niveaux, doivent être abordés dans l’état de sérénité résultant de cette introspection. C’est la condition incontournable pour

 sublimer la communication avec le cheval, surtout lors des efforts intenses.

 « Être bien » constitue l’essentiel du geste technique. L’intention en est le moteur et

  la progressivité les rouages. La peur et l’échec  sont exclus.

 Apprendre à observer son corps et ses gestes.

Tous les exercices de proprioception.

 

2 - Ecoute du cheval.

Découvrir les faits et gestes de l’animal cheval.

Son regard.

Son comportement naturel.

Son humeur.

Ses « bruits » (respiration, éternuement, ébrouements, sabots, pets, etc…)

Ses mouvements de tête et d’oreilles.

Sa personnalité.

Sa locomotion.

Son énergie.

Sa manière de répondre à vos sollicitations. 

Lâcher prise et s’adapter progressivement aux allures du cheval.

Travailler dans un « couloir proprioceptif ».

Ce couloir canalise le cheval et libère le cavalier de la conduite.

Utiliser toutes sortes d’exercices et d’accessoires pour détourner l’attention du cavalier

du cheval et laisser l’équilibre se construire intuitivement.

Assis ou debout en selle. Utiliser toutes sortes d’accessoires et de supports. Disposer le

  couloir pour guider les chevaux en toute sécurité.

Attrapper - Lancer - Tenir - Poser - Prendre - Passer - Lever - Baisser - Ecarter -

Rapprocher - Tourner - Parler - Chanter - Rythmer - Jongler - Dessiner - etc…

 

3 - Centaurisation.

Je fais avec le cheval.

Je suis cheval.

Réalisation d’objectifs avec le cheval, en étant cheval.

Avancer, accélérer, freiner, arrêter, tourner… développer la communication et le

mouvement.

Rênes mi-longues pour travailler avec l’intelligence du cheval.

Gymkhanas.

 CLASSE GYMNASTIQUE (Tenir à cheval)

1° Mise en selle analytique:

A l'arrêt, au pas, au trot, au galop, au saut, être capable de se concentrer sur une partie isolée du corps et de la mobiliser (assis, enlevé, en suspension, sur le plat, à l’obstacle).

2° Mise en selle globale:

Objectif: Se sentir à l’aise à cheval sans réfléchir. Extérieurs (pistes, chemins, spring-garden, plage, etc…) Jeux - Saut à la longe - Chasse au renard- Course d’orientation, Etc…

Exemples de jeux (extraits des jeux western)                                                              1 - Course des barils.                                                                                              2 - Course du slalom.                                                                                              3 - Courses de relais.

3° Application de synthèse sur un parcours de saut 

Objectif: associer les objectifs des 2 mises en selle dans la réalisation d’un parcours saut style « Hunter » avec pour consignes:

- La précision.

- L’esthétique.

- L’efficacité.

 CLASSE TECHNIQUE (Aller à cheval)

I - Définition:

Par définition, la « technique » signifie ce qui est propre à un art et l’ensemble des processus propres à cet art.(Dictionnaire Littré)

Qu’est-ce que l’art équestre? C’est l’art du cavalier de se mettre en communication avec son cheval dans l’objectif de réaliser avec lui une activité.

De quels moyens dispose le cavalier pour transmettre à son cheval une intention et parvenir à la lui faire partager?

C’est ce qu’on appelle « L’école des aides ».

Les Aides sont « les moyens dont dispose le cavalier pour diriger sa monture ».

Cette définition des livres d’équitation classique Française est aujourd’hui insuffisante, du fait qu’elle occulte la notion du processus cybernétique du « feedback » dans la relation cheval/cavalier.

Cybernétique: « théorie entière de la commande et de la communication, aussi bien chez l'animal que dans la machine (…) cet ensemble de recherches s'articulent toutefois autour du concept clé de rétroaction (en anglais feedback) ou mécanisme téléologique ».

Autrefois on demandait au cavalier d’adopter une « position » et de réaliser des gestes bien définis (rênes ceci, rêne cela, jambe isolée, demi-arrêt, etc…)

Aujourd’hui on demande au cavalier de positionner son cheval et de ressentir et interpréter ses réactions.

II - Principes:

1 - La communication avec le cheval suppose un « langage ».

2 - Ce langage établi entre le cavalier et le cheval s’instaure en temps réel pendant l’effort physique.

3 - L’efficacité de ce langage exige des paramètres de rapidité dans la division de la seconde.

4 - La progression du cheval et du cavalier dans l’apprentissage de ce langage se conçoit dans une évolution du « musculaire » (le geste) vers le « cybernétique » (la rétroaction simultanée et continue).

5 - Le principe du langage équestre se définit par la multiplicité d’interactions acquises lors des entraînements, dirigées par l’intention partagée du cavalier et du cheval (ou des chevaux, dans le cas du cirque, de l’attelage, du spectacle, etc…) de réaliser un geste sportif, (ou un geste de travail pour les chevaux de travail).

III - Conclusion:

L’école des aides ne se définit plus comme une somme de gestes à accomplir par le cavalier sur le cheval, mais comme la capacité du cavalier à accomplir des gestes immédiatement corrigés par le feed-back du cheval. Les différents gestes techniques du cavalier se définissent par des actions simultanément émettrices et réceptrices. La perfection du geste sportif (la performance) sera directement proportionnelle à la pertinence de cette expérience relationnelle bipolaire.

Seule cette bipolarité peut générer la MOTIVATION. La motivation c'est l'impulsion dirigée et intentionnelle. 

La majorité des cavaliers actuels de haut niveau motivent leurs chevaux par la peur de la douleur: taper dans la barre de saut, correction en cas de refus, douleurs provoquées par l'hyper-flexion, les enrênnements, les guêtres postérieures, etc... L'Art équestre préconise au contraire, la motivation intrinsèque de l'animal dans l'implication intentionnelle et physique du cavalier. Ce n'est pas l'exercice en soi qui motive le cheval, mais son implication dynamique avec le cavalier dans une situation donnée. L'expérimentateur impliqué dans l'expérience est une loi universelle. 

IV - Applications:

Le cavalier assis sur son cheval doit

1° se mettre dans un état de réceptivité, pour « être » à cheval (position Alpha)

2° apprendre à suivre les mouvements du cheval en toute circonstance: c’est le développement de « l’assiette » pour « tenir » à cheval sans contrainte ou inconfort nuisibles à sa locomotion.

3° utiliser son corps pour donner des indications au cheval:

a - pour l’exciter (dans le sens de mettre en mouvement).

b - pour lui faire comprendre ce que l’on attend de lui (intention).

c - pour lui demander d’adopter telle attitude propre à réaliser tel exercice.

4° - établir un code de communication cohérent avec la bio-mécanique du cheval.

ex: soutenir les poignets pour rééquilibrer signifie remonter l’encolure  avec effet d'abaissement des hanches. Mais soutenir les poignets sans interagir sur l’encolure n’a aucun sens.

Il est donc primordial de toujours expliquer à l’élève cavalier la correspondance bio-mécanique de ses gestes sur le cheval. 

5° - Enfin, grâce à son aisance à cheval, établir et faire vivre le contact avec le cheval, dont la qualité permettra d’évoluer du « musculaire » vers le « cybernétique ». Cette sensibilité (vibration) peut s’affiner jusqu’à la transmission de penser (de nombreux cavaliers en témoignent) avec des chevaux qui anticipent les indications du cavalier.

Cette progression idéale du contact est absolument impossible si

1° le cheval n’est pas excité ( autrefois on disait « en avant »)

2° le cavalier agit musculairement sur le cheval (il diminue la sensibilité).

V - Liste des indications bio-mécaniques:

Leçon de base

Cette leçon pourrait faire office d’introduction à toute séance de dressage ou d’entraînement. Il s’agit d’établir la compréhension d’un langage entre le cheval et le cavalier. Dans l’équitation du mouvement, le cheval doit connaître une dizaine de gestes à réaliser avec son corps sur la demande du cavalier. Chacun de ces gestes doit être compris par le cheval, intégré dans sa mémoire et reproduit facilement à chaque sollicitation du cavalier en toute circonstance.

Les dix gestes sont proposés pour mobiliser isolément les groupes articulaires locomoteurs du cheval. L’objectif, outre la mise en place d’un langage clair avec l’animal, vise à satisfaire une cohérence avec la physiologie et la psychologie du cheval.  Comment fonctionne mon cheval? Suis-je capable de le faire fonctionner? Fonctionne-t-il correctement? Quelle réponse psychique me renvoie mon cheval dans cet exercice?

Les dix gestes considérés sont des gestes simples. Bien réalisés dans le calme au pas ou à l’arrêt,  leurs associations ou combinaisons permettront la réalisation des gestes sportifs complexes dans le respect d’une logique de compréhension ainsi que d’une une logique bio-mécanique.

 

GESTES DU CHEVAL

AIDES DU CAVALIER

EFFET BIO MECANIQUE

N°0

Mobilité de la mâchoire

Flexion de nuque

Voix + mains à l’arrêt

Disponibilité mentale

Concentration

N°1

S’exciter, avancer, se propulser

Voix + jambes + stick

Propulsion franche et libre activité de l'arrière main

N°2

Rééquilibrer, ralentir, arrêter

Voix + mains hautes

Elévation du garrot et abaissement des hanches

N°3

Flexion d’encolure
en allant droit

Mains + stick

Association propulsion + incurvation = relâchement du ligament dorsal et

« mise en place » du dos

N°4

Déplacement latéral des épaules à l’inverse de l’incurvation

Mouvement essentiel

correspond à

l’épaule en dedans

Mains (effets d’ouverture droite et gauche) + stick
Limiter le mouvement vers l’avant au profit du mouvement latéral.
Energie propulsive constante

Amplitude latérale des épaules.

Relâchement et mise en service de la ligne du dessus.

Abaissement de la hanche intérieure conséquente à l'élévation du dos lors de l'engagement prononcé du postérieur interne.

N°5

Déplacement des hanches vers l’opposé de l’incurvation

Mains + jambe + stick
Limiter le mouvement vers l'avant au profit de la sortie des hanches

Amplitude de l’engagement du postérieur interne, abaissement de la hanche interne et élévation de la ligne du dessus.

N°6

Elévation de l’encolure

Mains + stick

Elévation du garrot et abaissement symétrique des hanches.

N°7

Abaissement de l’encolure

Mains + stick

Associer Tracé cercle + propulsion + incurvation

Extension vertébrale

Ecartement des vertèbres

Décontraction générale

Elimination des tensions

Amplitude des mouvements articulaires

N°8

Reculer

Mains + jambes + stick
Solliciter la propulsion en interdisant d’avancer.

JAMAIS TIRER!

Mise en service de la musculature propulsive

Disponibilité mentale

N°9

Déplacement latéral des épaules du côté de de l’incurvation

Mains + stick

Disponibilité totale psychique et physique

centrage

N°10

Déplacement des hanches du côté de l’incurvation

Mains + jambe + stick

Report de poids sur postérieur externe. Disponibilité totale psychique et physique

Centrage

 
 

Cet apprentissage doit être réalisé par un cavalier se tenant dans un équilibre vertical et souple, (position Alpha) afin de ne pas gêner les mouvements du cheval et avoir une contact clair avec celui-ci.

A chaque incompréhension ou résistance du cheval, le cavalier doit revenir à ces gestes de base au pas et dans le calme, afin de reconnecter le cerveau du cheval et retrouver sa participation facile et volontaire aux mouvements appris.

La réalisation de ces exercices va révéler au cavalier des points de tension précis dans le corps du cheval. Ces exercices permettent donc une approche respectueuse de l’animal, afin de ne pas forcer les zones contractées sans quoi l’effet escompté de mobilisation serait inverse et l’envie de bien faire disparue. Cette connaissance des points de tension va permettre au cavalier de travailler en conséquence pour éliminer ces points de tension et améliorer ainsi la capacité physique de son cheval. Il peut alors mesurer sa progression.

Ces exercices (jusqu’au N°8) doivent êtres préalables à la mise en avant dynamique du cheval, afin de réveiller les capteurs sensori-moteur en état de veille quand le cheval est au repos. Si le cheval s’élance directement dans les allures vives, il augmente la contraction de ses points de tension pour se protéger. Il se mettrait ainsi dans un état néfaste pour aborder le travail physique et considérerait sa relation au cavalier comme un moment désagréable.

Une fois ces exercices réalisés à l’arrêt et au pas, l’échauffement (mise en température) peut commencer, en respectant toujours le langage des aides. Par exemple:

- Mise en avant au trot (trot libre sans contact ou contact très léger avec les mains)

- Au bout de quelques minutes, associer au trot libre et soutenu une flexion d’encolure dans les virages (geste appris et compris). L’association Avancer + flexion = flexion de nuque et mise en place du dos.

C’est donc la recherche des associations des gestes appris qui va permettre progressivement au cavalier de disposer son cheval dans l’attitude optimale le préparant à la réalisation de gestes sportifs complexes.

La mise en main recherchée doit être la conséquence bio-mécanique, facile, comprise et évidente, de cette préparation par association de gestes simples appris, et surtout pas le résultat d’un « bricolage » forcé (totalement empirique: il ne sait pas ce qu’il fait) du cavalier qui « prend les choses en main ».

C’est là qu’intervient le concept de la cybernétique qui seule peut  définir le degré d’intensité du geste du cavalier, grâces à la capacité du cavalier à ressentir l’information répercutée par le cheval, l’évaluer et rétro-agir en fonction (rôle de thermostat). Les boucles de feed-back se succèdent ainsi jusqu’à affiner le geste en vibration.

Si ces gestes, connus de tous depuis longtemps, sont "exécutés" pas le cavalier, le cheval se trouve physiquement contraint, et s’il les réalise pourtant, car son influx nerveux est prédominant, c’est hypothéquer sur sa générosité et sur ses dispositions physiques naturelles.  Mais cette équitation rétrograde mène tôt ou tard aux lésions physiques et au désaccord du cheval, lesquelles conduisent le cavalier à sanctionner et à brimer son cheval, ou dans le meilleur des cas à considéré que son équitation est nulle.

Il apparaît donc capital de prendre le temps de travailler au pas, d’une part pour respecter et mieux appréhender le fonctionnement physique et physiologique de l’animal, et d’autre part pour enrichir et préciser toujours plus la relation, la résonance avec le cheval. Le pas doit toujours revenir en cours et en fin de séance aux fondamentaux, pendant ou après l’effort (Rappel de  confiance) ainsi que pour revenir à l’apaisement en fin de séance et savourer ensemble (avec son cavalier) le moment passé.

La perfection de l’art équestre ne consiste pas dans la réalisation de telle ou telle performance, laquelle catégorise les chevaux par niveaux par rapport à cette performance (ex: sauter 1,50m), mais dans l’expérience vécue avec son cheval, d’affiner la sensibilité cybernétique, et de sentir jusqu’à quel point le cheval participera avec plaisir au jeu sportif, qu’il s’agisse de sauter 1m50, ou 80cm.

La littérature parle très justement de l’harmonie entre cheval et cavalier. On peut aussi parler de résonance. L’harmonie relève du jugement esthétique. La résonance relève de l’étude scientifique. Les deux concepts se justifient réciproquement. Ce n’est pas nouveau, c’était déjà la devise de la Grèce Antique: « Καλλοσ και αγαθοσ » (Kallos kaï agathos) que l’on traduit par "Le beau et le bon".

Romeantique